Legaltechs françaises : moins de levées de fonds en 2020, mais plus de perspectives

Legaltechs françaises : moins de levées de fonds en 2020, mais plus de perspectives
4e édition du Baromètre des legaltechs françaises Wolters Kluwer/Maddyness

Paris, le 9 février 2020 – L’année 2020 a été complexe pour les legaltechs aussi. La crise sanitaire est inéluctablement venue perturber le développement de bon nombre de ces start-ups, mais tous les indicateurs ne sont pas négatifs, bien au contraire. Quel est le niveau des levées de fonds ? Quelles sont les solutions plébiscitées ? Les legaltechs ont-elles engagé des démarches RSE ? Le point avec cette 4e édition du Baromètre Wolters Kluwer/Maddyness des start-ups françaises de la legaltech.

Après l’année des records, en 2019, le millésime suivant paraît forcément un peu plus terne.
Et ce d’autant que c’est la première fois depuis la création de ce baromètre, en 2017, que le montant des levées de fonds est en baisse. En chute libre, même, puisque si la diminution en volume est faible (- 5 %), celle en valeur est plus que significative (- 65,9 %).

En tout, ce sont 17,8 millions d’euros qui ont été levés par les start-ups de la legaltech (versus 52,1 millions en 2019).
Des montants de tours de table qui s’expliquent par le contexte sanitaire, mais pas seulement. Le niveau de 2019 était particulièrement élevé au regard du marché et la Covid-19 n’a fait qu’accélérer la révélation de tendances déjà en germe les années précédentes.

Une crise sanitaire à la fois ralentisseur et accélérateur de développement
Pour bien mesurer l’impact de la crise sanitaire sur leur développement, il a été demandé aux start-ups de mesurer de 1 à 10 l’incidence de cette crise. Il en ressort une grande hétérogénéité des réponses. Pour 13,6 %, la crise n’a pas eu d’impact ou un impact faible (12,3 %). En revanche, pour 37 % l’impact a été fort, sachant que 11,1 % d’entre elles, l’impact négatif a été maximal.

Mais pour mieux comprendre sa portée, il est nécessaire de rentrer dans les détails. Pour une majorité de legaltechs (50,6 %), la crise sanitaire a eu un impact positif sur les services qu’elles proposent (nouvelles fonctionnalités, création de services spécifiques à la gestion de crise, etc.).

En revanche, côté clients, l’impact a été négatif pour 59,3 % des start-ups. Avec des répercussions à la fois sur le nombre de nouveaux contrats signés et le temps écoulé avant d’aboutir à une vente (pour plus de chiffres sur les conséquences de la crise sur les effectifs ou la trésorerie des entreprises, v. le dossier de presse).

Des legaltechs optimistes, néanmoins, sur leurs perspectives d’embauches : 76 % pense ainsi recruter dans les 3 prochains mois.

Des solutions davantage exportables
Si la majorité des legaltechs françaises ne s’adressent qu’au marché français (60,2 %), ce chiffre est en nette diminution par rapport à l’année précédente (72,1 %, en 2019).

Autre bon indicateur en termes de scalabilité, la nette progression en 2020 des start-ups qui ont prévu d’exporter leur solution hors de l’hexagone (trois fois plus que l’année dernière), que ce soit en Europe (20,5 %) ou hors Union européenne (18,1 %).

Les entreprises, toujours principales clientes
Si d’année en année, la part des solutions destinées aux particuliers recule (42,6 % en 2018 et 9,6 % en 2020), la proportion des clients « entreprises » reste stable : un client sur deux est une entreprise (47,1 % en 2019 et
49,4 % en 2020).

Les avocats représentent pour leur part 25,3 % des clients (20,6 % en 2019). Les notaires, 7,2 % et les
huissiers, 2,4 %.

Le bond de la digitalisation des professionnels du droit
La proposition de valeur recherchée principalement par les clients, c’est la digitalisation des processus métiers, service en constante progression ces trois dernières années. Sont visées ici les start-ups qui proposent une solution facilitant le quotidien des professionnels du droit : plateforme de gestion de projet partagée entre plusieurs acteurs, suivi des sociétés, gestion des contrats, dataroom numérique, etc.

L’année dernière cette offre de valeur correspondait à 19,1 % des services commercialisés (versus 12 % en 2018). En 2020, c’est 42,2 %.

« Des tendances dégagées également dans une étude indépendante menée par Wolters Kluwer (Wolters Kluwer, Avocats et juristes face au futur, 2020), souligne Isabelle Bussel, Directeur Général, Pôle Droit & Réglementation chez Wolters Kluwer France : 76 % des répondants y avaient mis en avant l’importance croissante de la technologie juridique, sans pour autant être parvenus à l’intégrer dans leur quotidien professionnel (seulement
28 % des répondants). Les confinements ont été réellement un accélérateur d’usage ».

Les legaltechs engagées dans la RSE ?
Une start-up sur quatre a initié une démarche RSE (25,3 %). Une donnée difficile à mettre en perspective faute
de chiffres sur l’approche RSE des autres start-ups françaises (fintech, proptech, healthtech, etc.).

Il révèle néanmoins la volonté de ces start-ups de s’impliquer en faveur d’un développement responsable.

Un engagement non neutre, important tout autant pour les clients, surtout quand ceux-ci sont des entreprises (elles doivent alors intégrer dans leur propre démarche RSE celles de leurs sous-traitants), que pour les investisseurs (qui regardent de plus en plus ce critère).

De nombreux autres chiffres (sur la place des femmes, la gouvernance, le chiffre d’affaires, les investisseurs, etc.) dans le dossier de presse.

*A propos du Baromètre de Legaltechs françaises
Cette étude analytique a été réalisée par Wolters Kluwer et Maddyness.
Les critères d’éligibilité sont les suivants :
• être une société commerciale dédiée au développement d’un service legaltech
• proposer des services en relation avec l’exercice du droit et de la justice
• avoir son siège social en France
• avoir moins de 8 ans
Elle a été construite sur la base d’un sondage adressé aux legatechs par e-mail et mis à disposition sur les réseaux sociaux, sur une période allant du 11 au 22 janvier 2021. Certaines des legaltechs contactées n’y ont pas répondu. Les sondés ont été invités à se prononcer sur plus d’une cinquantaine de points.
Les réponses qui ont pu être vérifiées (date de création, siège social, principalement) l’ont été mais pour les autres, elles reposent sur les déclarations de leur auteur, réserve faite des réponses qu’il a été possible de contrôler par croisement avec celles des précédentes éditions du baromètre.
105 start-ups, cabinets d’avocats, éditeurs, etc. ont répondu. 83 start-ups ont été retenues sur la base des critères d’éligibilité.

À propos des auteurs de cette étude
Gaëlle Marraud des Grottes est responsable éditoriale de la rubrique Tech & Droit et Rédacteur en chef du site Actualités du droit, chez Wolters Kluwer. Après presque 10 ans à la tête de la Collection Lamy droit civil, elle analyse aujourd’hui pour les professionnels du droit les évolutions de la régulation des nouvelles technologies (blockchain, intelligence artificielle, plateformes en ligne, etc.).

Anaïs Richardin est directrice des rédactions de Maddyness. Après quelques années dans le milieu de la presse professionnelle, elle a rejoint le jeune média Maddyness pour développer la rédaction et renforcer la ligne éditoriale de ce dernier. Aujourd’hui à la tête des rédactions de Maddyness, en France et au Royaume-Uni, elle travaille avec son équipe à offrir un autre regard sur l’économie et l’innovation.

À propos de Wolters Kluwer
Avec une offre de contenus et solutions métiers juridiques et de formation & conférences, Wolters Kluwer Legal &Regulatory intervient en France dans les domaines du droit et des ressources humaines, via des marques reconnues telles que Lamy et Liaisons sociales. Chaque jour, nous aidons nos clients à prendre des décisions cruciales en leur proposant des solutions expertes qui combinent une connaissance approfondie du domaine avec des technologies et des services spécialisés. Wolters Kluwer a déclaré un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards d’euros en 2019. Le groupe sert des clients dans plus de 180 pays, est présent dans plus de 40 pays et emploie environ 19 000 personnes dans le monde entier. Le siège social de la société est situé à Alphen aan den Rijn, aux Pays-Bas.

À propos de Maddyness
Initialement lancé sur la niche des startups, Maddyness n’a eu de cesse, depuis huit ans, d’élargir et d’étoffer sa ligne éditoriale pour devenir un média incontournable sur l’économie de demain, les nouvelles technologies et l’innovation en France. Chaque mois, ce sont plus de 700 000 lecteurs et lectrices qui viennent y chercher l’inspiration et des conseils, s’abreuver d’actualités et découvrir les pépites dénichées par la rédaction. Maddyness souhaite contribuer à l’économie de demain en favorisant la capacité des Français·es à entreprendre et à innover. Actualités, analyse de tendances, mais aussi guides pratiques, conseils d’expert·e·s et enquêtes, Maddyness multiplie les formats pour apporter l’information économique la plus complète possible. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site maddyness.com ou suivez le fil d’info de la rédaction sur Twitter, Facebook, Instagram ou encore Youtube.

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